Le cervelet, la dopamine et les addictions

Ce n’est pas mon premier article sur les rôles non moteurs du cervelet et, selon l’avenir de la recherche, ce ne sera pas le dernier!

De nouvelles recherches suggèrent que le cervelet peut effectivement jouer un rôle dans la recherche de récompenses et les comportements sociaux.

Nous savons déjà que le cervelet est impliqué dans les fonctions cognitives telles que le langage, l’apprentissage et l’attention. Ce sont des chercheurs du Collège de Médecine Albert Einstein dans le Bronx, NY, qui suggèrent que cela pourrait également réguler le traitement des récompenses et la dépendance.

Les résultats de l’étude réalisée sur des souris ont été publiés récemment dans la revue Science.

Certaines études ont montré que le cervelet ne fonctionnait pas correctement chez les personnes ayant un comportement addictif, un trouble du spectre de l’autisme (ASD), un syndrome cognitif affectif et la schizophrénie.

D’autres études d’IRM ont montré que le cervelet des personnes vivant avec une dépendance est hyperactif en réponse à des stimuli liés à leur dépendance.

Puisque la zone tegmentale ventrale (VTA) est impliquée dans le traitement des récompenses, les scientifiques ont émis l’hypothèse que les neurones du cervelet communiqueraient avec les neurones de la VTA, responsables de la libération de dopamine.

Les scientifiques ont testé leur hypothèse. Ils ont découvert qu’un tiers des neurones de la VTA répondaient au cervelet. L’étape suivante consistait à déterminer si cette connexion affectait le comportement de recherche de récompense.

Expérience 1

Les rongeurs étaient libres d’explorer les quatre coins d’une pièce. Quand ils ont atteint un coin spécifique, les chercheurs ont stimulé les neurones cérébelleux du rongeur. L’hypothèse était que, si la stimulation était agréable, les rongeurs continueraient à rechercher le comportement de récompense. En un mot, ils retournaient à plusieurs reprises dans le coin où ils recevaient une stimulation agréable. C’est ce qui s’est passé.

Expérience 2

Ensuite, pour confirmer que la stimulation des axones des neurones cérébelleux a joué un rôle dans la dépendance, les chercheurs ont conditionné les souris pour recevoir une stimulation agréable de ces axones dans une zone très éclairée.

Il faut savoir que les souris évitent généralement les lumières vives. Cela étant dit, dans cette expérience, les souris ont choisi d’aller à l’encontre de leurs préférences habituelles, dans un souci de stimulation agréable. Cela suggère que le cervelet joue un rôle dans le comportement provoquant une dépendance, selon le professeur Khodakhah.

Expérience 3

Dans cette troisième expérience, les chercheurs ont mis des souris dans une boîte à trois chambres. Les rongeurs avaient la possibilité d’interagir avec un objet, une autre souris ou d’être seuls dans une zone vide.

Quand ils ont choisi d’interagir socialement, la voie des neurones cérébelleux axons-VTA était la plus active. Lorsque cette voie neuronale a été réduite au silence, les rongeurs ont choisi d’être seuls ou d’interagir avec l’objet inanimé.

Ces résultats suggèrent aux chercheurs que la voie des neurones axones-cérébelleux-VTA pourrait être dysfonctionnelle chez les personnes atteintes de TSA.

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